LAICITE CHERIE, le blog de défense de la laïcité.

19 septembre 2005

Sarkozy favorable à un toilettage de la loi de 1905

Le ministre de l'intérieur nous parle de laïcité : elle peut supporter un toilettage selon lui.

Cliquez ce lien pour en savoir plus : http://fr.news.yahoo.com/050919/202/4lchc.html

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13 juillet 2005

"Le débat sur la laïcité induit une lecture restrictive de la loi de 1905"

LE MONDE | 16.06.05 | 14h22

On a dit que l'épiscopat français avait accueilli fraîchement l'élection du cardinal Ratzinger sous le nom de Benoît XVI. Qu'en est-il ?

Lors des échanges qui se sont déroulés à Rome fin 2003, début 2004, au cours des visites ad limina, visites quinquennales des évêques français au Vatican, nous avons été très touchés par la façon dont Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, comprenait la situation de l'Eglise en France. Moi-même, j'ai eu l'occasion de l'approcher et de découvrir sa puissance d'analyse et de réflexion dans le cadre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Nous avons donc accueilli le nouveau pape avec gratitude, conscients qu'il arrivait précédé d'une réputation caricaturale. Ses premières prises de parole ont balayé cette fausse image.

L'épiscopat espagnol lutte contre plusieurs réformes du gouvernement Zapatero. Quelle sera l'attitude des évêques français si la France autorise la recherche sur les cellules souches d'embryons ou le mariage pour les homosexuels ?

Quand nous prenons la parole sur des questions de société ­ le PACS ou l'union civile homosexuelle de Bègles en juin 2004 ­, nous souhaitons donner un éclairage sur ce qui est en jeu, en faisant valoir un point de vue qui peut rejoindre la conscience des croyants comme des non-croyants. Nous pensons que les valeurs que nous inspire notre foi - ­ l'égalité de l'homme et de la femme, le caractère structurant de l'altérité, la dignité de la personne humaine de la conception à la mort naturelle - ­ peuvent contribuer à la réflexion qui conduit au vote des lois, dont l'objectif doit rester le bien commun.

En Italie, les évêques ont appelé les catholiques à s'abstenir lors d'un référendum sur la bioéthique, avec l'appui de Benoît XVI.

Une telle situation est-elle envisageable en France ?

L'abstention soutenue par les évêques italiens et le pape s'est voulue une manifestation de la responsabilité politique des citoyens, au nom d'une vision de la personne humaine. Lors du vote sur le PACS, mon prédécesseur à la présidence de la Conférence des évêques, le cardinal Louis-Marie Billé, avait qualifié cette loi d'inutile et de dangereuse. Quand nous sentons que ce qui fonde nos sociétés est en cause, nous manifestons notre désaccord.

Comment l'Eglise catholique va-t-elle s'associer au centenaire de 1905 ?

Ce centenaire est l'occasion de faire le point sur un siècle de relations entre l'Eglise et l'Etat. Nous sommes passés du choc de 1905 et des affrontements de 1906 lors de la querelle des inventaires à des rapports plus sereins. Jean Paul II avait adressé le 11 février dernier une lettre aux évêques de France, dans laquelle il saluait cette évolution. Une déclaration adoptée par notre assemblée plénière, qui s'est tenue du 13 au 15 juin, va nous permettre d'exprimer notre conception de la laïcité. Elle est aussi l'occasion d'appeler les catholiques à poursuivre leur engagement dans la société.

Êtes-vous favorable à un toilettage de la loi de 1905, comme le suggère la Fédération protestante ?

Le paysage a changé depuis la promulgation de cette loi. Nous ne sous-estimons pas la portée des interrogations de la Fédération protestante relatives aux associations cultuelles. Mais des solutions peuvent être trouvées sans remettre en cause la loi de 1905. Celle-ci a fini par établir un juste équilibre des relations entre l'Etat et les religions. Elle a une dimension symbolique à laquelle les Français sont attachés. Nous n'en demandons pas le changement, même si on peut s'interroger sur le bien-fondé de l'interdiction des subventions aux cultes.

Le débat sur la laïcité a-t-il durci l'attitude de la société française à l'égard des religions ?

Il révèle une interrogation sous-jacente et essentielle sur le "vivre ensemble" , pour citer Paul Ricoeur. Quel est le socle commun sur lequel croyants et non-croyants peuvent s'entendre ? Le débat sur la laïcité a induit une lecture parfois très restrictive comparée à l'esprit d'ouverture qui a prévalu dans l'application de la loi de 1905. Nous n'acceptons pas que la dimension sociale des religions ne soit pas prise en compte, que l'appartenance religieuse soit reléguée dans le seul domaine des convictions individuelles.

Le Saint-Siège aurait l'intention de remettre en cause les accords entre la France et le Saint-Siège, selon lesquels le Vatican demande au gouvernement français s'il n'a rien contre la nomination d'un évêque ? Êtes-vous favorable à la suppression de cette disposition ?

Dans un contexte de séparation de l'Eglise et de l'Etat, on comprend que la question de la pertinence de cet accord puisse être posée. Je ne la crois pas d'actualité.

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12 juillet 2005

Séparation église-état ?

Une prière pour la République ( France 3 Alsace)

Une messe pour la France a été célébrée dimanche en la cathédrale de Strasbourg

Mgr Doré, archevèque de Strasbourg et le cardinal Roger Etchegaray, ont invité les fidèles à prier pour la France, à l'occasion de ce rendez-vous spécifique instauré en 1967 par l'archevèque Elchinger. Dans le cadre du Concordat de 1802, toujours appliqué dans la région, il est fait obligation de prier pour la nation.

Le régime des cultes d’Alsace-Moselle est unique en France métropolitaine. La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 ne s’y applique pas. Les trois départements ont obtenu à titre exceptionnel de conserver le régime Concordataire de 1802 après la Guerre de 1914-1918. Le 18 germinal an X (8 avril 1802), le Corps législatif de la République française adopte et promulgue le Concordat. Le texte a été signé le 15 juillet de l'année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII. Il met fin aux guerres et religieuses qui avaient divisé les Français tout au long de la Révolution. En signant le nouveau Concordat, un mois plus tard, le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution. Le gouvernement français conserve la mainmise sur l'organisation de l'Église catholique. Le clergé doit lui prêter serment de fidélité ! Des «Articles organiques» lui sont ensuite ajoutés, limitant encore plus le pouvoir du Vatican sur le clergé français.

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24 juin 2005

Un martyr de l’obscurantisme remplacé par un Français Libre


La gauche havraise refuse que l’on oublie le Chevalier de la Barre

Les radicaux de gauche, Verts, socialistes du groupe d’opposition municipale du Havre et des associations laïques honoreront le 1er juillet la mémoire du Chevalier de la Barre qui avait donné son nom à une rue de la ville, mais que la municipalité dirigée par Antoine Rufenacht (UMP) a décidé de débaptiser au profit d’un ancien des Forces françaises libres, Philippe Fratacci

Les organisateurs du rassemblement appellent à défendre les valeurs de la laïcité et attendent de la mairie qu’elle redonne le nom « Chevalier de la Barre » à une voie du Havre. Le cours Chevalier de la Barre est la voie qui prolonge le cours de la République vers le bassin Vauban, au centre des restructurations urbaines conduites par la municipalité depuis 10 ans.

Jean-François de la Barre né en 1745 avait été accusé en 1766 de ne pas avoir salué une procession religieuse (crime d’impiété) lors de la Fête Dieu à Willancourt. Le chevalier de la Barre est présenté comme « victime de l’intolérance, martyr de l’obscurantisme » et décapité le 1er juillet 1766 à l’âge de 19 ans. « Le gouvernement de Vichy avait fondu sa statue parisienne en 1941, la municipalité du Havre en 2005 aura donc déboulonné sa plaque de rue… » avait publiquement regretté Claudine Lelievre (PS) lors du conseil municipal du 31 janvier.

Philippe Fratacci est connu au Havre pour avoir été chef du service de la sécurité du Port Autonome du Havre, ville où il est décédé en avril 2002 à l’âge de 85 ans. Engagé à 19 ans dans l’infanterie coloniale en 1936, il était au Cameroun lors de la déclaration de guerre en 1939, et dès août 1940, il a rejoint les Français Libres avec le colonel Leclerc. Par la suite il participe aux différentes phases de la guerre dans les Forces Françaises Libres, aux campagnes d’Afrique, d’Italie et de France. Après la guerre, il sert dans la gendarmerie en Indochine, en Afrique et enfin à Tours. Il est admis à la retraite avec le grade de lieutenant-colonel en 1965. Philippe Fratacci était Compagnon de la Libération.

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L'Italie laïque et catholique, première visite d'Etat de Benoît XVI

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ROME (AFP) - Le pape Benoît XVI effectue vendredi à Rome sa première sortie politique hors du Vatican pour une visite d'Etat au président italien Carlo Azeglio Ciampi, alors que la péninsule connaît une vive polémique sur la laïcité et le poids de l'Eglise catholique dans la société.

Benoît XVI, 78 ans, le pape théologien, et Carlo Ciampi, 84 ans, le sourcilleux gardien de la Constitution et de la laïcité de l'Etat italien, ami de l'ancien pape Jean Paul II, se sont déjà vus deux fois au Vatican depuis l'élection du nouveau pape, mais ces rencontres n'ont pas eu le caractère solennel que revêtira celle de vendredi au Quirinal, le siège de la présidence italienne.

Cette visite intervient trois jours après la sortie, parrainée par une frange conservatrice de la classe politique italienne, d'un recueil de textes de Benoît XVI sur l'Europe, écrits alors qu'il n'était encore que cardinal. Le futur pape y explique la crise de l'Europe par le développement d'une culture "qui, de façon inconnue jusqu'ici de l'humanité, exclut Dieu de la conscience publique".

Juste auparavant, les 12 et 13 juin, l'Italie a connu un épisode électoral qui a fait ressurgir le spectre d'une Eglise imposant ses choix à une société peut-être moins sécularisée qu'on pouvait le croire. Suivant une consigne d'abstention lancée par le chef de l'Eglise italienne, le cardinal Camillo Ruini, proche du pape, les électeurs italiens ont largement boudé un référendum d'initiative populaire visant à libéraliser la législation sur la procréation médicalement assistée par manipulation embryonnaire, et qui de ce fait n'a pas pu être validé faute de quorum.

Indifférence sur un sujet extrêmement technique ne concernant qu'une minorité de citoyens, ou obéissance à l'appel à l'abstention lancé par l'épiscopat italien, avec le soutien du pape, au nom de la défense du caractère sacré de l'embryon, les avis sont partagés. L'hebdomadaire de gauche L'Espresso a fait cependant remarquer avec amertume que les partisans du oui ont été "seulement la moitié de ceux qui remplissent les Eglises chaque dimanche en Italie".

Contrairement à plusieurs ministres du gouvernement de Silvio Berlusconi et à certains leaders politiques de la coalition d'opposition de centre-gauche, le président Ciampi est allé voter, et l'a fait savoir, sans révéler cependant le contenu de son bulletin. Après l'échec du référendum, le cardinal Ruini a salué la "maturité" des Italiens. Dans les rangs laïques, la crainte est que l'Eglise veuille s'attaquer maintenant à la loi sur l'avortement, malgré les assurances contraires du cardinal Ruini.

Dans son livre "L'Europe de Benoît dans la crise des cultures", préfacé par le président du Sénat Marcello Pera, le pape Ratzinger souligne que l'Eglise ne "se résignera jamais" à l'avortement, assimilé à un crime. Au nom d'une conception de la "morale naturelle" transcendant toutes les lois défendue par le pape, l'Eglise va aussi faire pression sur les hommes politiques pour qu'ils refusent toute légalisation des unions homosexuelles ou l'euthanasie, prédit l'Espresso.

Plus que dans tout autre pays d'Europe occidentale, la gestion de la laïcité en Italie, où la papauté exerce historiquement une forte influence, reste délicate. Le pays n'est devenu laïque qu'en 1984, avec la révision des accords de Latran signés en 1929 entre l'Etat mussolinien et le Vatican. L'Eglise catholique n'est plus "la seule religion de l'Etat" et Rome a perdu son "caractère sacré", même si les textes soulignent la "signification particulière pour les catholiques" de la ville éternelle.

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17 juin 2005

Les évêques de France " pensent qu'il ne faut pas changer la loi de 1905" ; on les en remercie !!!

1905-2005: les évêques de France précisent leur conception de la laïcité

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PARIS (AFP) - Cent ans après la séparation des Eglises et de l'Etat, les évêques de France se sont déclarés favorables jeudi à une "laïcité de dialogue", qui est "par nature et par définition, pluralité et diversité" et qui n'implique pas de changer la loi de 1905.

"Nous ne pensons pas qu'il faille changer la loi", écrivent les évêques dans un document de six pages intitulé "L'Eglise catholique et la loi du 9 décembre 1905 cent ans après", qui précise leur conception actuelle de la laïcité.

Commentant devant la presse cette déclaration publiée à l'issue d'une assemblée plénière réunie de lundi à mercredi à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Jean-Pierre Ricard, a souligné: "Notre conception de la laïcité n'est pas celle d'une laïcité d'exclusion, mais au contraire de dialogue".

La laïcité, a-t-il ajouté, "ce n'est pas la création d'un espace neutre où il faudrait laisser sa religion au porte-manteau", la conception de l'Eglise "s'oppose à des conceptions radicales de la laïcité, ce qu'on appelle le laïcisme".

Les évêques, se référant à Pie XII, défendent "une saine et légitime" conception de la laïcité contre des "conceptions radicales", qui sont "une approche négative du religieux" et traduisent "une volonté de réduire l'influence sociale des religions et de renvoyer celles-ci au seul domaine de l'intime et des convictions personnelles".

Ils s'inquiètent de "la résurgence d'attitudes et de prises de position marquées par un laïcisme" que, disent-ils, "on aimerait croire dépassé".

Les évêques ne veulent pas "idéaliser" la loi de 1905 mais relèvent qu'"on en est venu à la considérer comme l'expression d'un équilibre satisfaisant des relations entre l'Etat et les organisations religieuses". Il leur "semble sage de ne pas toucher à cet équilibre".

Ils estiment ne pas être pour autant "condamnés à l'immobilisme", et souhaitent "des applications ouvertes" de la loi, "sans toucher aux principes" qu'elle édicte. "Notre expérience d'un siècle est là pour témoigner que cela est possible", soulignent-t-ils.

Brossant un tableau de l'évolution des relations entre l'Etat et l'Eglise catholique, Mgr Ricard s'est félicité que, "de relations extrêmement conflictuelles, d'une espèce de fracture", on soit passé "à des relations aujourd'hui plus sereines et apaisées".

"Mais quand je dis des relations apaisées, je ne dis pas sans questions", a-t-il souligné. Les relations peuvent se révéler "un peu plus difficiles" quand il s'agit de questions "qui touchent à l'éthique", comme l'avortement ou le PACS, voire l'immigration et la politique étrangère.

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14 juin 2005

La France laïque vue par nos cousins du Québec

École et laïcité - «C'est qui le monsieur sur la croix?»

Le modèle laïque français: un modèle en crise

Christian Rioux
Édition du mardi 7 juin 2005

Mots clés : France (pays), Éducation, Religion, laïcité

À l'heure où le Québec vient de supprimer les cours de religion du programme scolaire, notre reporter Christian Rioux est allé voir comment, ailleurs, la laïcité était vécue à l'école. Dans une série de reportages, il nous décrit comment les Belges, les Alsaciens et les Français ont résolu cette question délicate qui préoccupe toutes les démocraties modernes. Voici le dernier de ces trois reportages.

Paris -- «Si vous apercevez un monsieur sur une croix avec une couronne d'épines sur la tête, dites-vous bien qu'il s'agit de Jésus Christ.» La scène n'a pas été inventée pour les besoins de cet article. Elle se déroule dans la grande galerie du Louvre. Un enseignant d'environ 25 ans s'adresse à une vingtaine d'élèves d'origine française, arabe et africaine venus visiter le musée. Les élèves avaient beau être nés en France et avoir environ dix ans, une bonne partie d'entre eux ne pouvaient pas reconnaître Jésus sur une toile de Giotto ou de Rubens.

Souvent citée en exemple pour son caractère laïque, l'école française découvre depuis quelques années que ses élèves n'ont pas seulement été tenus loin de la religion, mais qu'ils n'ont souvent plus aucune culture religieuse. Un rapport rédigé par le philosophe Régis Debray a tiré la sonnette d'alarme en février 2002. Pour une partie des jeunes Français, déplorait son auteur, la Trinité n'est «plus qu'une station de métro, les jours fériés, les vacances de Pentecôte et l'année sabbatique, un hasard du calendrier».

«En 2002, la France a pris conscience du problème, explique Dominique Borne, doyen de l'Inspection de l'éducation nationale. Nous avons alors découvert que la sécularisation de la société avait entraîné une perte culturelle. Depuis, nous cherchons à la combler.»

Avec son équipe, celui qui a succédé à Régis Debray à la tête de l'Institut européen en sciences des religions (IESR) travaille à revoir les programmes scolaires pour s'assurer qu'on n'y oublie pas le fait religieux. «Il faut savoir que la France se distingue du reste de l'Europe non seulement parce qu'on n'y enseigne pas la catéchèse, mais aussi parce que la culture religieuse ou l'histoire des religions n'y sont pas non plus des objets d'études spécifiques.»

À moins de provoquer une rébellion dans les milieux laïques militants, il n'est pas question en France d'introduire un cour d'histoire des religions ou de culture religieuse comme il en existe en Grande-Bretagne, en Hollande, et comme il en existera bientôt un au Québec. On a donc revu les programmes d'histoire et de géographie, puis ceux de lettre et de philosophie afin de s'assurer qu'ils ne passent pas à côté d'une culture religieuse de base.

Mais le premier travail de Dominique Borne consiste souvent à briser le tabou qui existe toujours dans l'école française concernant la religion. «Il n'y a plus de réticence quand les enseignants comprennent qu'il s'agit d'enseigner des connaissances et non pas des croyances.»

Mais les progrès sont minces. Quelques instituts de formation des maîtres ont bien introduit quelques heures de cours de culture religieuse, mais la plupart n'ont toujours rien fait. En pratique, les programmes scolaires sont tellement chargés que pratiquement personne n'en vient à bout chaque année. Alors, pour ce qui est de la culture religieuse...

«Tout le monde se gargarise avec l'enseignement du fait religieux depuis le rapport de Régis Debray sur cette question il y a cinq ans, mais les avancées concrètes sont pauvres», dit René Nouilhat, membre du Secrétariat général de l'enseignement catholique. Cette situation de stagnation a d'ailleurs amené Régis Debray à démissionner en novembre 2004 de la présidence de l'IESR en dénonçant «l'absence d'une réelle volonté nationale d'"impulser" cet enseignement».

Il faut dire qu'il est difficile de renforcer l'enseignement du fait religieux au moment où le modèle laïque français fuit de partout. Un récent rapport de l'Inspection générale recense de nombreux incidents à caractère religieux dans les écoles : des élèves refusent d'étudier les cathédrales et de visiter des églises sous prétexte qu'ils sont musulmans. Ne sachant comment réagir, les professeurs se dépêchent de passer à un autre sujet, mettant ainsi de côté de grands pans de la culture religieuse française.

Depuis quelques années, les incidents religieux n'ont cessé de se multiplier. Cela va du port du voile islamique, interdit par une loi de l'Assemblée nationale française sur les signes religieux ostentatoires, aux pétitions de parents et d'enseignants dénonçant une enseignante de Rennes qui appartenait aux témoins de Jéhovah.

Cela ne surprend pas Valentine Zuber, maître de conférence en sociologie des religions, car la laïcité française s'est toujours caractérisée par sa volonté de contrôler les religions. «Depuis le Moyen Âge, l'État français s'est construit contre le pouvoir catholique en essayant de le contrôler le plus possible. C'est vrai depuis Henri IV jusqu'à Napoléon, en passant par Louis XIV. Et c'est encore vrai aujourd'hui lorsque le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, crée de toutes pièces le Conseil français du culte musulman en 2003. Pourquoi créer de façon musclée cet organisme sinon parce l'État se cherche un interlocuteur qu'il peut maîtriser ?»

L'interdiction du foulard islamique dans les écoles -- une exception française ! -- ne relève-t-elle pas de la logique d'un État qui a toujours craint les religions ? Président de l'École pratique des hautes études, Jean Baubérot rappelle que c'est la seule proposition qui a été retenue par le gouvernement sur les 25 du rapport de la commission Stasi, dont il faisait partie, chargée d'une réflexion générale sur la laïcité.

Les commissaires avaient, par exemple, proposé de faire des fêtes du Kippour et de l'Aïd-El-Kebir des jours fériés. Ils suggéraient aussi de recruter des aumôniers musulmans dans l'armée et les prisons. Toutes ces propositions visant à ouvrir l'école et l'État aux religions sont demeurées à peu près lettre morte. Seule la plus répressive a été retenue.

La laïcité à la Française a pourtant déjà su s'adapter aux situations les plus diverses, dit Valentine Zuber. «On a créé le mythe qu'il existe un modèle français unique de laïcité. Pourtant, même en France coexistent plusieurs modèles : celui d'Alsace-Moselle où les religions catholique, juive et protestante sont enseignées à l'école; celui de la Guyane française régie par une ordonnance de Charles X qui fait du catholicisme la seule religion reconnue par l'État et subventionnée en conséquence; celui de Mayotte où le droit coutumier musulman est encore en vigueur; sans oublier l'ancienne Algérie française où la séparation de l'Église et de l'État s'appliquait à toutes les religions sauf aux musulmans.»

Ce n'est pas le moindre des paradoxes du modèle français que d'avoir su s'adapter aux situations les plus diverses tout en se prétendant unique et universel. Or, le pluralisme de la société entre de plus en plus en contradiction avec ce que Valentine Zuber appelle «une conception jugée étroite et plutôt sectaire» de ce modèle.

Difficile dans ces conditions d'apprendre aux petits Français d'origine maghrébine, qui est «le monsieur sur la croix».

Correspondant du Devoir à Paris

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L'Italie régresse-t'elle ?

Italie: l'Eglise fait un retour en force sur la scène politique

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ROME (AFP) - L'Eglise catholique a fait un retour en force sur la scène politique italienne en faisant échouer un référendum destiné à faciliter l'accès à la fécondation assistée et entend continuer à jouer un rôle actif sur les questions de société.

"Le référendum prouve que l'Eglise italienne avait raison et confirme que le catholicisme ne peut pas être marginalisé de la vie publique", a déclaré lundi l'archevêque de Lecce (sud), Cosmo Francesco Ruppi, au quotidien de la conférence épiscopale italienne "Avvenire". Seul un électeur sur quatre à voté, alors que la participation à ce scrutin organisé sur deux jours devait atteindre 50% pour que le résultat soit validé.

Considéré comme le grand vainqueur de ce référendum après avoir donné aux catholiques consigne de s'abstenir, le cardinal Camillo Ruini, président de la conférence épiscopale italienne, a eu le triomphe modeste lors de ses interventions sur tous les médias de la péninsule. Mais pour Gianni Baget Bozzo, prêtre proche de Silvio Berlusconi, il a joué un rôle déterminant. "Ruini a montré qu'il est le plus grand homme politique que l'Eglise ait eu ces dernières 20 années", a-t-il affirmé.

"L'Eglise italienne a pris conscience depuis dix ans de se trouver sur une terre d'évangélisation", soulignait lundi dans un éditorial Ezio Mauro, directeur du quotidien La Repubblica (proche du centre-gauche) pour expliquer "les raisons du naufrage laïc". Elle s'est donc engagée "au travers de tous ses relais en politique qui légifèrent" sur les questions jugées essentielles par le Vatican : "les lois sur la vie, la famille, la jeunesse, la liberté scolaire, la solidarité".

La prise de position de l'Eglise, qualifiée par beaucoup d'ingérence, a contribué à l'échec du réferendum et fait désormais craindre une remise en question du droit à l'avortement, avertissent les partisans du oui, comme Stefania Prestigiacomo, ministre pour l'Egalité des chances et membre de Forza Italia, le parti du chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Le cardinal Ruini s'est défendu d'avoir cette intention, mais plusieurs dirigeants politiques de droite se sont ouvertement prononcés pour cette remise en question.

"Ce n'est pas un objectif immédiat, mais je ne serais pas scandalisé si on ouvrait une réflexion", a ainsi déclaré lundi le ministre Enrico La Loggia, également membre de Forza Italia. Ce référendum va laisser des traces dans la classe politique italienne. Vice-Premier ministre et chef de l'Alliance nationale (droite conservatrice), Gianfranco Fini avait condamné l'abstention comme un manque de civisme. Or, c'était le choix de la majorité de ses lieutenants, comme le ministre de l'Agriculture, Gianni Alemanno, qui a démissionné de la vice-présidence du parti pour sanctionner la position de M. Fini et exige que l'Alliance nationale réaffirme son ancrage catholique.

Tous les politologues soulignent toutefois que l'Eglise n'a pas pu convaincre 75% des Italiens de ne pas voter et rappellent que depuis dix ans, aucun référendum d'initiative populaire n'a rassemblé le quorum. "Les choix politiques ou religieux ont pesé peu dans l'abstention. La difficulté de compréhension et le désintérêt ont prévalu sur tous les autres arguments", affirme Renato Mannheimer, analyste du Corriere della Sera. 25,9% des électeurs ont voté. Parmi les abstentionnistes, 35%, baptisés "abstentionnistes convaincus" ont considéré que leur attitude avait un sens, comme le disait l'Eglise et les partis prônant l'abstention, mais les 39% restants ont agi par désintérêt pour le débat, soutient Renato Mannheimer.

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13 juin 2005

"Tentative grotesque d'imposer sa propre vision du monde à tout le monde"

vendredi 10 juin 2005, 18h52

Gamma 2005 Stefano Paltera  Référendum sur la procréation en Italie: un test pour l'Eglise catholique

ROME (AP) - Un référendum mais pas sur l'Europe. Les Italiens sont appelés aux urnes dimanche pour se prononcer sur un assouplissement de leur législation en matière de procréation assistée. Hostile à la révision de la loi, l'Eglise catholique a pris position dans la campagne en appelant à boycotter le scrutin.

La consultation porte sur quatre questions: faut-il abroger l'interdiction de la recherche sur les embryons? Limiter à trois le nombre d'embryons créés pour chaque conception? Autoriser le don de sperme ou d'ovule par une personne extérieure au couple? Et enfin autoriser les couples fertiles atteints par une maladie génétique à recourir à un traitement?

Le référendum divise le monde politique, même si la majorité des dirigeants de gauche appellent à dire quatre fois "oui". Les partis ont généralement conseillé aux électeurs de se décider selon leur conscience.

En revanche, le Vatican, farouchement opposé à la révision de la loi, a mené une vigoureuse bataille pour le maintien des restrictions actuelles. Les évêques italiens ont exhorté les électeurs à boycotter les urnes, un taux de participation de 50% étant nécessaire pour valider le scrutin, et le pape Benoît XVI a approuvé leur appel.

"Ce n'est plus simplement un vote sur l'insémination artificielle. C'est aussi un vote sur le pouvoir de l'Eglise dans la société italienne", écrit le commentateur politique Sergio Romano dans le "Corriere della Sera". Le référendum pourrait représenter le premier grand défi d'un pape qui veut lutter contre le déclin de la pratique religieuse sur le Vieux continent.

Se promenant près de la place Saint-Pierre, Mariangela Carta, 66 ans, exprime son soutien à la position de Benoît XVI. "L'Eglise a bien agi. Ce sont des questions qui ont à voir avec l'éthique et la morale", dit-elle.

Mais la campagne de l'Eglise en a irrité plus d'un. Chiara Lalli, auteure du livre "Liberta Procreativa" (liberté de procréation), la qualifie de "tentative grotesque pour imposer sa propre vision du monde à tout le monde".

L'Eglise a une grande influence dans le pays. Mais les Italiens l'ont déjà désavouée lors de deux référendums, qui ont autorisé le divorce en 1974 et l'avortement en 1981. Ce dernier scrutin avait représenté un camouflet pour le défunt pape Jean Paul II.

Selon un récent sondage de l'institut Ipsos pour l'Associated Press, presque deux Italiens sur trois pensent que les chefs religieux ne devraient pas tenter d'influer sur les décisions du gouvernement. "Le Vatican ne devrait pas chercher à influencer des choix dans un Etat en théorie laïc, car il influence les plus faibles, ceux qui ont le moins d'éducation", estime Danilo Sciunnach, un commerçant romain.

En vertu de la législation sur l'assistance médicale à la procréation adoptée en 2004, l'Italie interdit la congélation d'embryons et limite à trois le nombre de ceux qui peuvent être créés. Elle proscrit également les dons de sperme et d'ovules par une personne extérieure au couple ainsi que les recherches utilisant des embryons.

Beaucoup avaient salué la législation estimant qu'elle débarrassait l'Italie de sa réputation de "far west" de la procréation artificielle alors que le pays n'avait pas de loi sur la question. Mais le texte a également été vivement critiqué, ses détracteurs soulignant qu'il entravait des recherches à but thérapeutique et restreignait la liberté de procréation. AP

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07 juin 2005

COLLOQUE SUR LA SEPARATION EGLISE-ETAT

18/06/2005
Hôtel de ville de Metz
Colloque

2005 : Qu'en est-il de la séparation des Eglises et de l'Etat en Europe

Pour fêter la loi 1905 de la séparation de l'Etat et de l'Eglise en France, un grand colloque sur le thème de la Laïcité sera ouvert en l'Hôtel de ville de Metz (Place d'Armes) dans le Grand Salon le samedi 18 juin 2005.



Programme de la journée

9h30 - 12h00
Ouverture du Colloque par Monsieur Jean-Marie RAUSCH - Maire de Metz
Introduction au Colloque par Monsieur Yves JACOB - Grand secrétaire aux affaires extérieures du Grand Orient de France
La laïcité : Etat des lieux en France et enjeux pour l’Europe (Daniel MORFOUACE)
La laïcité en Belgique : Une démarche originale (Paul DANBLON)
Passé, présent et avenir de la séparation des Eglises et de l’Etat en Espagne (Joan Francesc PONT CLEMENTE

14h00 - 16h00 Tables Rondes
La Turquie : Identité européenne et laïcité (Can ARINEL)
Le Portugal : Séparation des pouvoirs entre Etats et Eglises : L’exemple portugais (Antonios REIS)
La Grèce : Etat et Eglises orthodoxes : Le cas de la Grèce (Théodore BENAKIS)
L’Allemagne : La séparation des Eglises et de l’Etat dans l´Allemagne d´aujourd´hui (Francine SCHEFFNER)

16h00 - 16h30
Libre arbitre et dialogue renoué : La Franc-Maçonnerie des origines et la laïcité (Alain BAUER)

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http://www.devilly2005.org

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30 mai 2005

Ingérence de Benoît XVI

Le pape Benoît XVI intervient dans le débat sur la procréation

Photo prise le 30 mai 2005/REUTERS/Tony Gentile

CITE DU VATICAN (Reuters) - Le pape Benoît XVI s'est impliqué pour la première fois dans le débat politique italien en soutenant un appel au boycott lancé par des évêques à l'approche d'un référendum très controversé sur la procréation assistée.

Le souverain pontife allemand a rendu hommage aux évêques italiens, qu'il recevait au Vatican, pour avoir essayé d'"éclairer le choix des catholiques".

Certains partisans du référendum, dont l'objectif est d'abroger une loi très contraignante sur la fécondation médicalement assistée, ont dénoncé cette ingérence du pape dans le débat politique italien et demandé au président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, d'intervenir.

Le référendum, organisé le 12 juin prochain, a fait monter la température politique d'un cran dans la péninsule, où se déroule le plus intense débat sur une question sociale depuis que le divorce et l'avortement ont été légalisés dans les années 1970.

Le pape a estimé que l'Eglise, qui a exhorté les catholiques à ne pas se prononcer sur le sujet, avait pris cette position pour défendre la vie humaine et non pour apporter son soutien à tel ou tel parti politique.

Benoît XVI a ajouté qu'il se sentait proche des évêques "par la parole et la prière" et que leur position sur le référendum faisait d'eux de "très bons pasteurs".

Si moins de 50% des électeurs inscrits se prononcent lors de cette consultation, le résultat sera invalidé et la loi restera inchangée.

"Nous faisons face à une offensive sans précédent qui vise à subordonner la démocratie italienne au contrôle du Vatican", a regretté Daniele Capezzone, secrétaire du Parti radical, un des promoteurs du référendum.

"Personne ne dit que l'Eglise n'a pas le droit d'avoir son opinion sur la question mais la hiérarchie de l'Eglise ne devrait pas être autorisée à faire une campagne qui interfère avec le processus électoral d'un pays censé être souverain", a-t-il ajouté, appelant le président Ciampi à défendre le principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

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24 mai 2005

La laïcité dans le projet de constitution europénne.

Il s'agit là d'un article paru dans le quotidien L'Humanité du 16 février 2005. L'auteur s'interroge sur l'avenir de la laïcité en Europe. Vous trouverez ci-après le copier-coller de l'article en question.

logohuma_1_Plusieurs articles remettent en cause le principe de séparation des Églises et de l’État.

La laïcité a-t-elle un avenir en Europe ? La question est brutale, outrancière même diront certains, toujours prompts à dénoncer les « vieilles barbes laïcardes » ou « les ayatollahs de la laïcité ». Pourtant, à la lecture de la constitution européenne, il apparaît que ce principe pourrait bien faire les frais du « consensus » qui permis la rédaction du texte qui sera soumis à référendum dans quelques semaines.

Certes, la référence explicite à « l’héritage chrétien » a été rejetée in extremis mais les articles au coeur même de la constitution recèlent de graves menaces. D’abord parce que les organisations confessionnelles se voient reconnaître un statut particulier. L’article I-52 reconnaît leur « identité et contribution spécifique ». C’est-à-dire plus que ce qui est garanti aux partenaires sociaux. L’article I-52 précise également que « l’Union ne préjuge pas du statut dont bénéficient les Églises en droit national » qui permettra à certaines Églises de disposer d’un statut propre en fonction des États, y compris en violation de principes communautaires ou avec la « charte des droits fondamentaux », particulièrement en ce qui concerne les droits et les libertés conquises par les femmes. L’article II-70 qui proclame la « liberté de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites » heurte frontalement le principe de séparation des Églises et de l’État adopté en France il y tout juste cent ans.

« La loi de séparation, disait Jean Jaurès, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison. » La constitution européenne signe pourtant la victoire d’une conception anglo-américaine de la « liberté de religion » difficilement compatible avec l’article premier de la Constitution de 1958 qui précise que la France est « une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». En passant d’une conception de liberté de conscience à celle de la liberté de religion à l’anglo-saxonne, la constitution européenne ouvre la porte au communautarisme. Une conception portée en France par Nicolas Sarkozy qui était favorable à l’inscription de l’héritage religieux dans le préambule de la constitution européenne, estimant qu’il « est certain que les valeurs chrétiennes ont été civilisatrices en Europe et leur influence dominante [...] ». Le patron de l’UMP plaide aussi pour une greffe sur le modèle français du modèle anglo-saxon d’organisation des communautés religieuses. Inspiration que l’on retrouve également dans sa proposition de « discrimination positive ». Le communautarisme comme tentative de dépassement de la lutte des classes pour y opposer des intérêts de communautés de personnes identifiées principalement en fonction de leur religion supposée, mais pourquoi pas aussi de couleurs de peau ou d’origine. Selon Jean Jaurès, « laïcité de l’enseignement, progrès social, ce sont deux formules indivisibles, nous n’oublierons ni l’une ni l’autre », et Ferdinand Buisson, président de la Commission parlementaire chargée d’élaborer la loi, ajoutait : « La séparation n’est pas le dernier mot de la révolution sociale, mais elle en constitue indéniablement le premier. » C’est peut-être pour cela que le principe de laïcité est si soigneusement écarté de la constitution Giscard.

Stéphane Sahuc, L’Humanité, 16 février 2005

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